Je ne voulais pas que les outils de mon père disparaissent
Je suis né à Takaoka, dans une famille de makie-shi. J'exerçais un autre métier, j'avais une vingtaine d'années, lorsque la santé de mon père s'est altérée. Il n'avait pas l'intention de me voir reprendre l'atelier, mais j'ai songé que, si je ne le faisais pas, sa technique et ses outils disparaîtraient avec lui : je suis entré dans l'entreprise familiale.
Le makie est la technique qui consiste à semer des poudres d'or et d'argent sur un motif peint à la laque. J'emploie l'or, l'argent et l'aogai, nacre irisée de coquillage, pour mener à terme des motifs très divers ; le blanc, que la laque ne donne pas, je l'obtiens de la coquille d'œuf de caille. Le visage de l'œuvre change selon la lumière et l'angle du regard : c'est là que j'en éprouve la profondeur.
Je travaille au cœur de la nuit, quand ni poussière ni vent ne se lèvent. À l'heure où la maisonnée dort, l'esprit s'apaise lui aussi. Je continuerai de créer, avec les outils hérités de mon père, des pièces qui demandent du temps et de la patience.
吉川
Kazuyuki Yoshikawa吉川 和行makie-shi